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Même Nostradamus ne l’aurait pas prédit

Les deux meilleures franchises de la saison régulière et les finalistes 2018 avaient
déjà chuté au premier tour d’une saison qui va sourire à un revenant. À vivre en
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Mais à quoi cela sert-il de terminer en tête de sa Division pour se retrouver ensuite éliminé prématurément ? Hécatombe incroyable, cette saison, dans la meilleure ligue du monde : le quatuor ayant dominé chacune des quatre sections a tout simplement connu l’élimination au premier tour des playoffs. Pour la première fois de l’histoire! De quoi donner encore un peu plus d’appétit aux habituels suiveurs – pour ne pas dire poissons-pilotes – qui ont commencé à donner de la voix dès la deuxième ronde. Exit le Lightning (quel couac !), les Flames, les Predators et les Capitals sous les coups de boutoir des Blue Jackets, de l’Avalanche, des Stars et des Hurricanes, quatre équipes repêchées faut-il le rappeler.

Les érables pleurent, Tampa aussi

Avant même le coup d’envoi de ces playoffs, une première évaluation – qui là s’est avérée exacte – avait été avancée par les suiveurs du circuit Bettman : ce ne serait pas encore l’année des organisations canadiennes. Mais de là à imaginer un tel désastre, il y avait un pas difficile à franchir. Au pays du sirop, il n’y a plus que les érables pour pleurer : aux non-qualifiés Montréal, Ottawa, Edmonton et Vancouver sont venus se rajouter Winnipeg, Toronto et surtout Calgary, deuxième meilleur bilan au terme des 82 premiers matches de la saison derrière Tampa Bay. Tampa, le couac majeur totalement imprévisible et tellement net : 0-4 ! Avec 128 points et 62 victoires au compteur, le Lightning pouvait voir venir, égalant au passage le record de succès détenu par Detroit depuis 1996. Finalement, en y additionnant l’élimination de Calgary, il rejoint les livres d’histoire : pour la première fois les deux meilleures équipes en saison régulière ont été éliminées au premier tour des séries éliminatoires de la Coupe Stanley depuis l’expansion de la LNH en 1967/68. Dans le comté de Hillsborough, on va ruminer encore longtemps le fait qu’en séries, le talent seul ne suffit pas.

Washington, champion déchu

On ne peut se montrer guère plus souriant à Calgary où une très bonne saison régulière ouvrait de belles perspectives. C’était sans compter sur le trio Landeskog-McKinnon-Rantanen qui a propulsé l’Avalanche du Colorado au-delà du premier tour des playoffs pour la première fois depuis 2008. Et pourtant ça n’avait pas très bien commencé pour la franchise de Denver, battue 4-0 au premier match, avant de gagner les quatre suivants. L’Avalanche a dominé les Flames 17-7 pour les buts marqués lors des matchs no 2 à 5. Pas besoin de chercher plus loin l’explication de la déroute canadienne. À Washington, le temps de l’analyse est arrivé après l’élimination à domicile (ça fait mal !) au septième match (c’est encore plus douloureux !) et en prolongation (c’est insupportable !) contre Carolina. Les Capitals ont ainsi perdu leur trophée sans pouvoir réellement combattre sur la longueur, faute de profondeur de contingent. La mine d’Alex Ovechkin – aux antipodes de ses célébrations de l’été – est suffisamment éloquente pour ne pas s’attarder sur le sujet. Et puis, on ne saurait taire tout de même la déception engendrée par les Leafs de Toronto (face à Boston) qui ont payé au prix fort leurs faiblesses dans les unités spéciales pour une élimination au 7ème match, comme l’an passé. Ce fameux powerplay qui a permis aux San José Sharks de renvoyer sur les bancs d’école Vegas. Pour sa deuxième année seulement en NHL, le finaliste insensé de l’année passée a rapidement compris que la confirmation serait compliquée (16e bilan en saison régulière, à 35 points de Tampa Bay).

Le vainqueur sera une surprise

Enfin, un mot sur Nashville qui se voyait bien toucher la Coupe Stanley après deux dernières campagnes assez prometteuses. Sur le papier, l’équipe des Suisses Josi et Weber avait tout pour plaire… et faire mieux qu’il y a deux ans lorsqu’elle chutait en finale devant le Pittsburgh de Crosby. Là aussi, sans une supériorité numérique efficace et un premier trio d’attaque à la hauteur, impossible de rêver très longtemps. Vu uniquement sous l’angle helvétique, l’équipe de Suisse en a été la principale bénéficiaire lors du championnat du monde en Slovaquie en récupérant ses fers de lance. Sur un plan plus nord-américain, les Predators, tout comme Pittsburg, laissent place nette à des franchises qui, au coup d’envoi de la saison, ne se voyaient pas forcément griffer la glace en juin encore. À choisir entre Carolina, Boston, San José ou St. Louis…

Philippe Ducarroz

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