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Clubs Romands : Repartir du bon pied

Au coup d’envoi d’une saison, les interrogations romandes sont souvent plus nombreuses que
les certitudes. Mieux vaut dès lors ne pas se rater en ouverture…

Entre crainte et espoir de bien figurer, le fil est souvent ténu. Prenez le FC Sion, ces dernières saisons : régulièrement ambitieux, rarement à l’arrivée. Et pourtant le potentiel existe. Malgré sa décevante huitième place au classement 2018/19, le club cher (dans tous les sens du terme) au président Constantin est passé à trois points d’une qualification européenne. Échec à rechercher au niveau de l’engagement pas toujours évident notamment perçu lors de la dernière journée face à Thoune (0-1). Les Valaisans étaient déjà en vacances, sous les sifflets de leur public. Un peu comme lors de la première journée lorsqu’ils s’inclinaient (déjà) à domicile face à Lugano.
Pour que l’histoire ne se répète pas, pour que le groupe ne sombre pas rapidement dans la déprime niveau jouerie comme ce fut trop souvent le cas avec coach Yakin sur le banc, CC a donc placé à la tête de sa formation Stéphane Henchoz, l’homme providentiel de… Neuchâtel Xamax ! Le banni de la Maladière a eu la délicatesse de sauver son club de la relégation avant de s’installer à Tourbillon avec la ferme intention d’y rester plus longtemps que ses prédécesseurs. Le dernier à avoir passé plus d’une saison sur le banc valaisan reste le Français Didier Tholot (de décembre 2014 à août 2016). Ils sont une dizaine depuis, président compris, à s’être retrouvés à la tête du onze sédunois. Et pour Henchoz, pas question de traîner en route. À son premier entraînement dispensé à Martigny le 17 juin dernier et avant un camp de dix jours à Crans-Montana, le technicien fribourgeois rappelait d’emblée « qu’il faut être prêts dès la reprise du 20 juillet, car les points de l’été sont importants. On s’en rend bien compte en fin de saison quand on commence à faire nos calculs ! ». Du coup, l’entame de championnat du FC Sion prend un relief particulier avec la réception de Bâle et le déplacement à Genève…

YB, puis Sion !

Genève, justement, où le Servette FC devra quitter son petit nuage pour enfiler le bleu de travail. On peut faire confiance à Alain Geiger qui a très vite remis les pieds de ses ouailles sur terre, la promotion acquise. Servette a pris de la hauteur au sens propre (avec un rassemblement dans le Val d’Iliez), il lui faut encore (re)trouver de la grandeur. Celle qui lui a permis d’archidominer une Challenge League en y inscrivant son empreinte, y compris dans le jeu. Le SFC saura-t-il répercuter aussi bien les idées de son mentor alors que le contingent est encore promis à quelques bouleversements à l’heure où nous écrivons ces lignes ? En 2012/13, lors de sa dernière saison dans l’élite, Servette avait connu un départ très difficile avec trois défaites consécutives contre Bâle, Sion et Lausanne et n’avait fêté sa première victoire que lors de la 14e journée contre Grasshopper. Une petite embelie pour le club relégué en fin de saison avec le maigre bilan de six victoires et vingt-deux défaites en trente-six matches. Bref… en rendant visite au champion YB en ouverture de la saison puis en recevant Sion, les Genevois sauront très vite où ils se situeront dans ce concert 2019/20.

Groupe très réduit

En parlant de concert, l’exercice neuchâtelois 2019 – qui s’est conclu sur un penalty salvateur de Serey Die au Brügglifeld argovien – avait tous les ingrédients d’une symphonie
inachevée. L’organisation du président Binggeli est passée tellement prêt de la catastrophe que l’on a même ressenti une résignation très (trop ?) marquée dans les propos du patron. Qui ne s’attendait plus à se retrouver avec une équipe de Raiffeisen Super League sur les bras. Car il s’agit bien de ça : si
Xamax est un miraculé, que faudra-t-il faire pour éviter la relégation dans dix mois ? Attendre
mieux de ceux qui remplaceront les contrats non renouvelés. Pour l’heure, on a surtout vu et entendu des noms de joueurs de ligues inférieures. Provoquer un déclic au niveau d’une animation offensive que l’on dit potentiellement meilleure. Soit, car encore une fois Nuzzolo est l’arbre qui cache la forêt. Enfin (et surtout) attendre du nouvel entraîneur Joël Magnin qu’il fasse oublier le duo Decastel/Henchoz, ses deux prédécesseurs qui se sont montrés plutôt convaincants avec les (faibles) moyens à leur disposition. Disons-le franchement : entamer une préparation avec seulement douze joueurs est un premier cadeau empoisonné qui n’a pas facilité la tâche d’un néophyte à ce niveau. Et qui méritera donc toute la compréhension voulue lorsqu’il s’agira de faire un premier bilan avant la pause hivernale.

Philippe Ducarroz

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