">
Teleclub Sports

Avec Sion, servette et … Xamax !

L’élite du football suisse repart avec trois Romands : le Servette FC, brillant champion de BCL,
l’incontrôlable FC Sion et un Xamax miraculé qui a sauvé sa peau aux pénalties.

La saison 2018/2019 aura donc accouché d’un champion intouchable, Young Boys, d’un dauphin bâlois qui s’est consolé avec la Coupe de Suisse, et d’un troisième plutôt inattendu, Lugano, si l’on se réfère à ses dix (!) victoires seulement fêtées cette saison. Vous complétez par Thoune et Lucerne et vous avez là nos cinq représentants en Champions League et Europa League. La moitié de notre élite est européenne. Bizarre, mais c’est le système qui veut ça. Bref… Côté romand, l’occasion était belle, trop belle ? À l’arrivée, on a frôlé l’énorme gâchis… avant de se retrouver avec un représentant de plus dans l’élite. Dans un monde idéal, le football version latine aurait pu être représenté par quatre clubs. Il y en aura finalement trois. Par le gré de la promotion directe (Servette) et des barrages (Lausanne), on pouvait même décemment imaginer un dédoublement des forces romandes en Raiffeisen Super League aux côtés de Sion et Neuchâtel. On sait ce qu’il advint. On ne l’a pas assez souligné, mais si Xamax avait maintenu jusqu’au bout sa cadence incroyable depuis la reprise de l’équipe par Stéphane Henchoz, ce sont bien les Valaisans qui se seraient retrouvés barragistes ! Quant au Lausanne-Sports, qui se devait d’assurer au moins la deuxième place en Challenge League dans la foulée des Genevois, il a réussi l’exploit de terminer derrière un FC Aarau comptabilisant le total impressionnant de quatre points après onze journées. Barrage évité par les Valaisans, barrage raté pour les Vaudois. Restait à NE Xamax de jouer sa survie sur deux matches contre les Argoviens.

On attend Servette

S’amorce l’exercice 2019/2020. Sans Grasshopper, le Rekordmeister relégué, mais avec un « petit-nouveau » : Servette. Pour les Genevois, un retour logique dans l’élite au terme d’un exercice abouti. Sous la houlette d’Alain Geiger, l’équipe a su se forger une identité, un style qu’on espère aussi reconnaissable à l’échelon supérieur. C’est la première étape d’une longue reconstruction. Le 29 mai 2013, le club tombe en Challenge League après une défaite 3 buts à 0 contre le Lausanne-Sport lors de l’avant-dernière journée de championnat. Le club est relégué pour la première fois de son histoire (sur le terrain) et passe alors deux saisons en deuxième division avant de descendre en première ligue promotion en juin 2015, faute d’avoir obtenu sa licence de jeu. Le président Quennec démissionne dans la foulée et cède le club pour 1 franc symbolique à la Fondation 1890. Le 10 mai dernier, en battant… Lausanne 3-1 devant plus de 20’000 spectateurs au Stade de Genève, les Grenats rejoignent l’élite. Avec l’ambition d’y rester un bon moment et de fêter un 18e titre… bientôt. Sans vouloir brûler les étapes, le président Fischer sait qu’au bout du lac, la patience des fans et soutiens divers est assez limitée dans le temps.

Xamax en miraculé

On l’a dit, le FC Aarau était une lanterne très rouge en début d’exercice. Après une dizaine de journées, la question du limogeage du coach Patrick Rahmen circulait dans les travées du Brügglifeld. Mais le jeune directeur sportif Sandro Bürki a eu l’intelligence de ne pas céder à la facilité. Changer pour changer, à quoi bon ? Vingt-cinq matches et soixante points plus tard, le FCA réussissait un des retours les plus incroyables de l’histoire et coiffait Lausanne au poteau pour un petit point. En huit mois, le club est passé de relégué potentiel, à barragiste, enfin en… presque promu. Le dindon de la farce aurait pu être Neuchâtel Xamax. Sur le terrain, les joueurs ont fait ce qu’il fallait. Dans les bureaux, on a sans doute fait faux. De l’annonce prématurée de la non-reconduction du contrat de Stéphane Henchoz (qui avait succédé à Michel Decastel en cours d’exercice) en passant par l’insécurité ressentie par une vingtaine de joueurs à l’avenir xamaxien très flou, le club de la Maladière a raté dans les derniers matches une huitième place salvatrice, puis perdu 0-4 le match aller des barrages contre Aarau. Dans ce championnat complètement fou, au prix d’une remontada que ne renierait pas le PSG, les joueurs de Stéphane Henchoz ont sauvé leur peau aux pénalties au Brügglifeld, sur un ultime arrêt de Laurent Walthert. Devant la Maladière, le portier aura sa statue, pas l’entraîneur. Rejeté par Neuchâtel, il s’en ira à Sion. En quête d’un nouveau miracle ? En Valais, on appelle ça la sérénité…

Philippe Ducarroz

CHF 19.90/mois
S’ABONNER MAINTENANT
OK