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Teleclub Sports

À LA FIN, C’EST TOUJOURS L’ARBITRE QUI DÉCIDE !

Le 3 mars 2018, l’International Football Association Board (IFAB) a donc décidé d’inclure l’utilisation de l’assistance vidéo dans le règlement après une phase de test de deux ans, les fédérations nationales étant libres de décider si elles veulent ou non l’utiliser. Toutefois, l’introduction de la VAR n’est possible que si les protocoles étendus de l’IFAB sont pleinement appliqués, les exigences techniques ainsi que toutes les spécifications pour la formation des arbitres VAR devant être remplies. Autant dire que très vite l’aspect financier est entré en ligne de compte et certaines fédérations y ont renoncé, d’abord par manque de moyens.

Pas la Suisse qui s’est dotée d’un centre de contrôle très performant à Volketswil (où se trouve le siège technique principal de Teleclub) et la Raiffeisen Super League le rappelle haut et fort : elle veut rester une ligue dynamique, innovante et compétitive. Quelques mois avant que les clubs ne se prononcent sur une nouvelle réforme de notre championnat d’élite (passage à douze équipes, tour final à six avec éventuelle division des points), elle a tenu à s’aligner sur plusieurs autres championnats continentaux qui ont déjà introduit le sujet qui fait débat : l’assistance vidéo à l’arbitrage. Cette fameuse VAR qui fournit aux directeurs de jeu un soutien technique. Ancien arbitre lui-même, Alain Rohrbach, le rédacteur en chef adjoint de Teleclub, se veut très positif : « Je suis ravi de la discrétion avec laquelle la VAR est appliquée dans notre championnat. Les directives mises en place par la SFL (Swiss Football League) sont pleinement respectées. » Du coup, les craintes émises avant son introduction n’avaient-elles guère de légitimité  ? « Il y a peu ou pas d’interventions durant les matches, le système n’a pas déresponsabilisé nos arbitres. Et c’est tant mieux… »

 

Une question d’équilibre

À l’autre bout de la rédaction, Nicolas Barman fulmine : « Pour moi, la VAR a tué l’essence-même du football, ce moment qui rend fou, que tout le monde attend, l’orgasme du football. Ce moment d’attente, ce cri, a été kidnappé et placé sous contrôle ! » assène celui que vous lisez quotidiennement sur bluewin.ch. Qui n’apprécie guère que ce soit les hommes en noir, sur le terrain ou derrière leur écran, qui deviennent les protagonistes principaux d’un match. « Aujourd’hui, il devient plus pertinent de savoir qui vous juge ou qui gère la VAR que de vénérer votre No 10, votre équipe, votre gardien de but ou votre buteur. Le football est perdant, les émotions en patissent, en Suisse et aux quatre coins du monde. » N’en jetez plus, le message est passé.

Tout est finalement question d’équilibre et de bon sens. Comme le souligne Stéphane Amoruso, « la VAR est une aide précieuse pour l’arbitre, à condition qu’elle soit utilisée à bon escient et avec parcimonie. Car à trop vouloir se reposer dessus et l’utiliser à tout bout de champ comme on le voit dans d’autres championnats, cela rallonge non seulement le match, mais cela peut aussi fausser le court de celui-ci. La façon dont est utilisée la VAR en Suisse est un bon compromis, même si tout n’est pas parfait. » Compromis, le mot qui fait bondir Philippe Ducarroz : « Attendez : un compromis est une demi-décision. Soit il y a erreur, soit il n’y a pas, et en tout temps ! La VAR, je l’accepte, mais à condition qu’elle soit appliquée sur chaque événement important litigieux. Depuis l’introduction du système au niveau mondial, on ne compte plus les actions qui auraient dû être visionnées par l’arbitre… et qui sont restées lettres mortes. C’est pour cela que je ne suis pas un fervent adepte, le principe d’équité n’est pas respecté. » 

 

La VAR du pauvre

L’assistance-vidéo demeure donc très « fragile », car l’interprétation humaine restera toujours l’axe principal d’une décision. Son exposition en direct par le truchement des caméras de télévision est aussi source de réactions que les instances dirigeantes se faisaient fort de soigneusement éviter par le passé. Aujourd’hui, la prudence est de mise : dans la mesure du possible, l’arbitre doit rester « visible » pendant le processus de visionnage pour assurer une certaine transparence. Comme si on marchait un peu sur des œufs quand même…

Il est donc logique que l’on évoque des réserves purement techniques, comme l’explique le producteur Daniel Burkhalter : « L’introduction de la VAR en Suisse est une excellente chose. Malheureusement, nos moyens techniques (nombre de caméras limité) ne nous permettent pas d’avoir la version optimale, ce qui est à mon avis extrêmement regrettable. C’est un peu la VAR du pauvre en fait. Reste qu’elle nous a tout de même permis d’avoir quelques clarifications importantes dans certains matches du championnat de Suisse. Il faudrait maintenant améliorer nos moyens de production, histoire de rendre le football suisse davantage « regardable », avec plus de caméras, et notamment celle sur la ligne de hors-jeu. » Le chantier demeure énorme…

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